Bienvenue sur la cité d'Atlantis, Invité.
Tous les groupes sont importants, veillez à essayer de les équilibrer.
Quelques ennemis ne seraient pas de trop...
Les possibilités de jeux sont nombreuses pour les humanoïdes en dehors d'Atlantis,
tous ne sont pas obligés de rejoindre la Cité pour jouer ou s'intégrer correctement.

Partagez | 
 

 Rafael de Medicis, ours mal léché

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Admin ◮ toxicoman
avatar



◮ DOSSIERS : 97
◮ HERE : atlantis
◮ JOB : médecin
◮ COMPTES : mckay, lorne, valentyne, wilson #2, top'ha, kanavu, kasumi





MessageSujet: Rafael de Medicis, ours mal léché   Lun 14 Sep - 20:21

Stargate Confidential File

   

   
Raf

   Bonjour mes chers collègues. Comme certains ne me connaissent pas encore, je me présente ; je suis Rafael de Medicis. Âgé(e) de 45 ans, je suis quand même médecin urgentiste, spécialisé(e) en biologie médicale plus précisément en biochimie clinique mais surtout en toxicologie, ce qui signifie que je suis un médecin. Je peux affirmer sans me venter que je suis même l'un(e) des meilleurs de mon pays ! Par ailleurs, je représente l'Italie sur la Cité depuis maintenant juin 2013. En dehors de mon travail monumental, je suis satut marital, eh oui !
   Suite à un virus contracté sur P5F-345, il semblerait que j'ai pris quelques ressemblances physiques avec The Hulk Mark Ruffalo. Pourtant, quand je me regarde dans le miroir, je ne trouve vraiment pas. Le Docteur Lam n'a pas été en mesure de me dire si je possède le gêne, mais moi, je vous annonce que je l'ai/l'ai pas  (faire la demande ici).
   Bon et bien, je pense avoir fait le tour. J'espère qu'on pourra faire plus amples connaissances en collaborant main dans la main !

DECEMBRE 1975 - L'odeur de griller s'élevait dans l'air, imbibant vêtement, tapisserie et meubles. Le jeune garçon, debout au centre de la vaste cuisine, regardait la cuisinière et ses assistantes se précipiter vers le four, sortir le plat en pestant entre leurs dents. Mais il était trop tard. Il le savait. Déjà, il pouvait entendre les pas de sa mère. Déjà, il entendait ses cris épouvantés, sa colère à peine contenue et les claques qui s'abattraient sur le visage de la jeune cuisinière. Celle-ci lui accorda un regard effaré, consciente, elle aussi, de ce qui n'allait pas tarder à arriver. « Tresoruccio, come. Per il tuo compleanno. » Il s'avança de quelques pas, hésitant et titubant à la fois, de sa démarche peu assurée par la peur. Mais la jeune femme, sa longue chevelure d'or encadrant son visage de princesse se pencha en avant et lui tendit un paquet enveloppé dans du cadeau et un cookie. Il leva les yeux vers elle, un sourire trahissant sa joie et la félicité d'avoir une telle amie dans cette maison bien trop grande. Elle lui sourit, lui offrit un clin d’œil. « Ouvre. » Il croqua d'abord une bouchée du gâteau avant de le déposer sur le plan de travail et de déchirer le beau papier rouge vif. La reliure d'un vieux livre apparut alors, toute recouverte d'un cuire marqué par les âges mais, paradoxalement, conservé intact malgré les années. Le jeune Rafael ouvrit la bouche, les yeux écarquillés et un franc sourire vint s'accorder à son air de joie sincère. « Oh, grazie, grazie, Maria. » Abandonnant le papier déchiré, il porta le livre à son cœur, le serrant dans ses bras frêles avant d'enlacer le cou de Maria. Elle riait légèrement, contenant sa générosité pour ne pas trop attirer l'attention sur eux. Rafael en profita pour déposer deux baisers sur chacune des joues de la cuisinière et, déjà, ouvrait le livre pour l'étudier. « J'espère que tu en feras un bon usage. Apprends pleine de tours de magie et je serai toujours là pour t'applaudir. » Il hocha la tête vigoureusement, prêt à sceller cette promesse par n'importe quel moyen, dûsse-t-il lui en coûter quelques gouttes de sang, comme les pactes signés avec Leonardo. « Il faut que je le montre à Leonardo. Il me lira comment on fait. » Un gloussement échappa à Maria et elle acquiesça, plus prude que le jeune garçon. Elle passa affectueusement une main dans ses boucles brunes. Mais la tendresse de l'instant fut interrompue par l'ouverture brutale de la porte et la voix autoritaire de la chef de maison. Rafael se mit à trembler. « Maria, si Mama voit le livre, elle va pas vouloir que je le garde. Mama n'aime pas les livres. Elle dit qu'ils sont pour les poveros. » La peur rendait sa voix chevrotante et la jeune cuisinière ne put que lui caresser la joue du bout du pouce. « Alors file vite avant qu'elle ne le voit. Et n'oublie pas de t'entraîner, d'accord ? » Il hocha la tête, se détourna vivement, prêt à se faufiler entre les jambes des servantes pour se glisser par la porte de derrière, qui donnait directement sur le grand jardin. Il n'eut pas le temps de pousser celle-ci que Maria le rappelait déjà. « Buon compleanno, Rafael. » Un baiser soufflé et Rafael s'échappait à l'instant même où sa mère pénétrait dans la cuisine, hors d'elle. Il eut tout de même le temps d'entendre la main claquer sur le visage de Maria et il perdit son sourire.


OCTOBRE 1985 - Il poussa un long soupire et, du regard, défia Katarina de trouver quelque chose à redire. Mais elle restait silencieuse, la feuille de notes entre ses doigts tremblants. Ses yeux se fermèrent et elle prit une profonde inspiration. Rafael ne se laissa pas démonter et, bras croisés, il continua de la défier. Mais, contre toute attente, ce fut une voix masculine qui s'éleva, l'obligeant à tourner la tête vers son père. « Tes notes sont médiocres, Rafael. Elles ne sont pas dignes d'un Medicis, et ton attitude non plus. Tes professeurs s'accordent pour dire que tu ne fais pas semblant d'être intéressé et je n'ose même pas citer ton professeur d'économie qui, lui, a été victime de tes petits tours de passe-passe. C'est une honte, Rafael, ni plus, ni moins. » L'adolescent arqua un sourcil, un sourire jaune flottant sur les lèvres. Antonio l'observait de son regard las, désabusé, qu'il adoptait quand un touriste ou un journaliste feignait d'ignorer le nom des Medicis. « Dignes d'un Medicis. Parce que tous les Medicis sont supposés avoir les notes maximales dans chaque matière, parce qu'ils doivent suivre la ligne qui leur a été tracée même si ça implique une vie de malheur ou, pire encore, de dépression... » « La dépression n'existe que dans les livres et les films, Rafael, nul part ailleurs, » trancha la voix sec de son père mais il ne se démontait pas et reprenait déjà. « Tout ça pour quoi ? Pour redorer un nom qui a été souillé par des ancêtres sans amertume ni respect pour les autres ? Je ne serai jamais le prochain Cosme de Medicis et si vous espériez faire de moi un double d'Alexandre, je vous décevrai plus encore que vous ne l'êtes déjà. Je refuse d'obéir à vos idées parce que je n'adhère pas à celles-ci. Vous voulez que je me forge mon propre caractère mais uniquement s'il respecte et convienne à vos attentes, eh bien devinez quoi, je le refuse. J'ai trouvé une passion, qu'elle vous plaise ou non, c'est ce que j'aime. Et vous ne pourrez pas me l'enlever comme vous avez fait virer Maria. » Une main s'abattit avec violence sur la table. Rafael sursauta, les yeux tournés vers Katarina qui, blanche, se retenait de laisser la colère prendre totalement possession d'elle. « Maria était une impie qui n'avait de respect pour rien. Ni le Seigneur, ni notre famille. J'ai compris, hélas trop tard, que jamais, nous n'aurions du l'engager et encore moins lui demander de s'occuper si souvent de toi. Elle t'a mis ces idées infâmes en tête et... » « Non ! Maria m'a montré Ô combien vous étiez hypocrites, Ô combien votre foi n'est présente que lorsque vous le jugez nécessaire. Elle m'a montré la lâcheté de nos aïeux, m'a dévoilé tout ce que vous refusiez de me dire sur les horreurs provoqués par des ancêtres que vous vénérez. Alexandre était abject, il utilisait les jeunes femmes pour parvenir à ses fins et c'est une chance que Lorenzo l'ait tué. » « Comment oses-tu... ?! » Katarina avait esquissé un pas en sa direction, il avait reculé. Machinalement. Si son père était celui qui criait le plus fort, sa mère était la plus à craindre en réalité. Mais s'il gardait une distance raisonnable entre eux, il ne cessa pas de la regarder avec mépris. « Qu'avons-nous fait au Seigneur pour avoir un fils aussi déraisonnable..., » entendit-il son père murmurer. Il n'en fut pas blessé. Voilà bien longtemps qu'il avait cessé de souffrir des remarques ou des lamentations de ses parents sur leur plus jeune fils. « Le précepteur de Rafael est arrivé, Mère. » Mais Katarina ne prit pas la peine de détourner les yeux de ce fils indigne. « Très bien Leonardo, merci bien. » Dans le ton de sa voix, toutefois, perçait le remerciement silencieux d'avoir un fils plus docile. « Nous reprendrons cette conversation Rafael, soyez-en certains. » Rigide, elle tourna les talons, suivie de près par Antonio. « Et soyez certaine que je ne changerai pas d'avis. » Elle se tourna vers lui une dernière fois, les lèvres pincées, le regard dur. Antonio et elle quittèrent la pièce tandis que les deux frères échangeaient un regard. Rafael aussi les épaules. Ce n'était qu'une répétition des conversations et des désaccords des jours précédents. Et des jours à venir.


JUILLET 1989 - Le silence régnant dans la chambre rendait l'air électrique. Il y avait comme une tension palpable, comme des injures retenues, des gestes inexistants. Rafael, devant sa large armoire, prenait dans des gestes brusques, les vêtements soigneusement pliés et, une fois les bras chargés, se dirigeait vers le lit sur lequel se trouvait plusieurs sacs qu'il fourrait. Il bourrait les vêtements, ne s'inquiétant pas de les voir froissés, chiffonnés, roulés en boule à mesure qu'il insistait pour se faire encore un peu de place. Assis vers la tête du lit, le regard douloureux, Leonardo. Des yeux, il suivait son cadet, poussait parfois un soupire déchiré, ses doigts s'agrippant à l'édredon de son frère. « Rafael, per favore, arrête et regarde-moi. » Mais l'autre s'entêtait, inlassable, infatiguable, et continuait ses allers-retours. « Rafael, pour l'amour de Dieu ! » Ce fut la phrase de trop. Le jeune homme s'arrêta finalement et ancra son regard dans celui de Leonardo. « Ah non, Leo, ne me fais pas croire que tu crois en Lui, toi aussi, pas maintenant. Tu sais très bien ce qu'Il pense des gens comme toi. » La culpabilité vint le ronger sitôt que son aîné, blessé par les paroles, baissa les yeux, la gorge nouée. Rafael ferma les yeux. « Scusate, je... C'est juste que je ne comprends pas comment tu peux rester ici, à ne rien faire, ne rien dire, à te laisser dicter ta vie par des personnes qui ne te respectent même pas. » « Père et Mère nous respectent, Rafael, ils nous respectent tous les deux. » Un soupire s'échappa des lèvres tirées en un triste sourire du plus jeune. Il s'avança, s'assit aux côtés de son frère. « Tu es naïf, Leo. Ils écrivent ta vie parce qu'ils ignorent que tu aimes les hommes. Mais crois-moi, quand ils l'apprendront, ils te verront comme moi. Un fils indigne, qui déshonneur le nom des Medicis. Tu seras, toi aussi, un Lorenzaccio à mettre dehors le plus tôt possible. Et ta carrière d'avocat crèvera dans l’œuf. » L'aîné secoua la tête. Désaccord parfait. « Non. Ils sont peut-être vifs quand le sujet de la sexualité vient sur le tapis mais... Je sais qu'ils sont plus compréhensifs que cela. Et on ne peut pas leur en vouloir, une famille, ça a toujours été un homme, une femme et des enfants. Ça déroute, c'est normal. Le changement déroute toujours. Tiens, tu te souviens quand ils ont engagé Pasqua ? On a eu du mal à nous habituer à elle. » « Ce n'est pas la même, Leo. J'en ai voulu à Pasqua parce qu'ils l'ont engagé après avoir viré Maria injustement. Elle n'avait pas sa place ici parce que Maria ne méritait pas de perdre la sienne. » Cette fois-ci, c'est au tour de Leonardo de pousser un soupire d'agacement. « Ça ne change rien, Rafael, tu ne peux pas juste partir comme ça, sous prétexte que Mère et toi avez des différends. Tu dois te rendre à l'évidence : tu n'aimes peut-être pas l'avenir qu'ils te tracent, tu peux ne pas vouloir devenir banquier ou homme politique, mais ils ont raison sur un point. » Il prit son temps avant de compléter sa phrase. Peut-être par espoir que son cadet la finirait pour lui, peut-être parce qu'il espérait ne pas avoir à le faire. « Tu ne peux pas vivre en étant magicien dans la rue. Tu n'es même pas sûr que les gens vont te payer et puis... Ce n'est pas un métier. » Rafael se leva d'un bond et reprit son rangement brouillé. « Si tu veux finir tes jours dans cette villa, plein aux as mais aigri comme eux, c'est ton affaire, Leo. Moi, je pars. »  « Et tu vas aller où ? Et tu vas dormir où ? Ils t'ont prévenu, si tu quittes la maison, ils vont te couper les vivres. » Un silence, perturbé par la fermeture éclair qui se refermait. « Ils ne peuvent pas le faire, je suis majeur, ils ne peuvent donc plus toucher à mon compte, je me suis arrangé avec le banquier. L'argent qu'ils ont déposé pendant des années m'appartient, dorénavant et je ne veux pas un centime de plus qui vienne de leur part. Je me débrouillerai. » Les paupières de Leonardo s'abattirent sur ses yeux avec lourdeur. Il entendit son frère attraper ses deux gros sacs, se diriger vers le couloir, s'arrêter. « Tu sais Leo, si tu veux faire comme moi, si un jour, tu en as marre de te faire dicter ta vie par de vieux cons, je t'accueillerai avec plaisir. » Il n'y eut pas de réponse. Juste une porte qui se ferme.


JANVIER 1990 - Il ouvrait la porte à l'instant même où Tristan, le jeune garçon logeant pour la semaine dans la chambre 408 allait laisser ses doigts cogner contre celle-ci. Rafael eut un geste de recul, instinct de préservation, tandis que l'enfant de dix ans retenait son poing à l'ultime seconde. Un sourire complice fut échangé. « Je voulais savoir si t'allais sortir dans la rue comme tous les jours ? » Laissant son bras reposer sur l'encadrement de la porte tout en empêchant celle-ci de s'ouvrir trop en grand, l'italien hocha la tête. « Bien sûr. » « Même avec la pluie ? » La voix du garçonnet s'était faite plus aiguë, ses yeux s'étaient ouverts un peu plus grand et Rafael, de nouveau, acquiesça. « Ouais. Tu sais, il faut bien que je gagne ma vie alors même s'il pleut, je sors et je fais mes tours. » La bouche de l'enfant se tordit à mesure qu'il comprenait ce que le plus vieux essayait de lui faire comprendre. C'était difficile d'imaginer une vie où les responsabilités financières reposaient non pas sur les parents, ces grandes personnes qui imposaient des limites et donnaient des ordres fatigants. « Ma mère ne veut pas que je vienne avec toi aujourd'hui. A cause de la pluie. Je pourrai pas être ton assistant. » L'espace d'un instant, Rafael parut décontenancé, comme chagriné par l'absence à venir du gosse, de cet unique spectateur qui, religieusement, tous les jours depuis le début de son séjour à l'hôtel Grand Bleu, venait s'asseoir à ses côtés avec un billet de cinq euros généreusement donné par l'un de ses parents le matin même et qui attendait toujours que la nuit tombe pour le déposer dans le chapeau du magicien des rues. Rafael sembla se rappeler que Tristan n'avait pas toujours été à ses côtés depuis six mois qu'il avait quitté le domicile familial pour s'installer dans cet hôtel en ruine, quelque part dans le sud de la France. Et devant cette bouille agacée, il ne put que se fendre d'un sourire vaguement réconfortant. « T'inquiète Tristan, comme il pleut, je rentrerai plus tôt et comme ça, je te ferai un tour de magie, spécialement pour toi avant le dîner. Qu'est-ce que tu en dis ? » Le sourire du jeune garçon lui réchauffa le cœur, et il passa une main dans les cheveux blonds du gamin. « Je te laisserai même choisir le tour que tu veux que je fasse. » « Pas besoin, je sais déjà ! » La porte bougea légèrement alors qu'il riait de bon cœur, peu surpris d'entendre cette exclamation réjouie. A dire vrai, il se doutait même du tour que Tristan lui réclamerait le soir-même. « Je veux que tu refasses celui où tu lis dans mes pensées, comme Charles Xavier pour savoir à quoi je pense. » Un tour banal, basé sur la suggestion et la facilité à atteindre le cortex sensible d'un enfant mais il acquiesça à nouveau. « Comme tu voudras, monsieur l'assistant d'Il Illusionista, tes désirs seront des ordres. » Le sourire du gosse s'élargit encore davantage. « Maintenant, file avant d'inquiéter ta mère. Je dois rejoindre ma rue. On se voit ce soir, n'oublie pas. » Un clin d’œil et Tristan avait disparut au bout du couloir, prêt à monter à l'étage pour rejoindre la chambre où devait l'attendre sa mère. Conservant son sourire bienveillant et encore plein d'espoir de réussite, Rafael attrapa ses affaires d'artiste, de grand magicien, de prestidigitateur et laissa la porte se refermer derrière lui. La journée allait être longue et froide ; rares allaient être les passants à s'arrêter pour le voir deviner une carte retenue sans tricher. Rares seront les pièces qui lui seront jetées.


AVRIL 1992 - Dans un geste rageur, il jeta son blouson sur le dossier du fauteuil, l'air sombre. Un soupire lui échappa tandis qu'il se laissait tomber sur le sofa, plongeant son visage entre ses mains. Ses doigts frottèrent ses yeux fatigués mais n'eurent pas la force de lui ôter ce terrible poids qui reposait sur ses épaules ni cet insupportable sentiment de raté. Ses épaules s'affaissèrent. Derrière lui, la porte d'entrée s'ouvrit lentement et après quelques bruits de pas, il sentit une main caresser son épaule avec tendresse et un baiser se déposer à la base de sa nuque. Il ne bougea pas, incapable d'enlacer Helen qui, pourtant, essayait de le réconforter. Il ne voulait pas de son réconfort, pas de sa pitié. « Raf... » Il leva la main pour la couper. « Laisse tomber, Helen. » Il commençait à croire que Leonardo avait eu raison, des années plus tôt. Qu'il n'aurait pas du quitter l'Italie, qu'il n'aurait pas du finir en France, qu'il n'aurait pas du rejeter les projets que ses parents si distingués avaient eu pour lui. La main glissa dans son dos avant de remonter se poser sur son épaule alors qu'Helen se plaçait devant lui. Il leva les yeux vers elle. « Je sais que tu es déçu, Raf. Mais rien ne t'empêche de le repasser, ce concours. » Il eut un rire mauvais qui tira à sa petite amie un soupire. « J'aurai jamais du tout plaquer. J'étais inconscient, c'est tout. Et maintenant, je suis en train de foirer ma vie. » Elle caressa sa joue avec douceur, il plongea son regard dans le sien. Elle avait cette tendresse typiquement française, cet amour qu'il n'arrivait plus à comprendre. Il venait d'échouer, tout comme il avait échoué à se faire connaître par la magie quand ils s'étaient rencontrés, un an plus tôt, et pourtant, elle restait là. A ses côtés. « Tu ne foires rien du tout. Tu sais, j'ai retapé tellement de fois au collège que j'ai toujours pensé que je n'arriverai pas à faire les études qui m'ont toujours fait rêvée. Et pourtant, je suis maintenant dans ma seconde année d'études universitaires et j'ai parmi les meilleurs résultats. Je sais que la police n'est pas ce dont tu as toujours rêvé, peut-être que ce n'est pas non plus ce dont tu as envie, maintenant. » Elle pencha la tête pour essayer de retrouver son regard brun mais il s'entêtait à détourner les yeux.Elle plaça ses mains sur ses genoux. « Tu peux reprendre la magie comme tu peux reprendre tes études ou repasser le concours et leur prouver que tu es meilleur qu'ils ne le pensent. » Il soupira, baissa la tête. Et elle déposa un baiser sur son front. « Quoique tu choisisses, je suis là. » Il l'entendit se relever et alors qu'elle commençait à s'éloigner, il lui attrapa la main, la tint entre ses doigts un instant. Lentement, il releva la tête, l'observa. Elle avait ce sourire discret et ces grands yeux curieux. Il ouvrit la bouche mais les mots ne sortirent pas. Elle acquiesça doucement. « Moi aussi. » Il sourit légèrement alors qu'elle se dégageait et se rendait vers la cuisine. Elle était la seule qui le comprenait sans même qu'il n'ait à parler, la seule qui l'avait soutenu tandis qu'il créchait dans cet hôtel miteux et qu'il essayait de vivre de sa magie. La seule qui était restée auprès de lui quand il n'avait plus eu un rond en poche pour payer sa chambre.


AOÛT 1996 - Ses doigts s'emmêlaient, le tissu passait par-dessus, puis par-dessous sans jamais donner le résultat espéré. « Rah, mais c'est pas possible ! Che stronzata ! » Il continuait de se débattre avec son nœud de cravate quand la porte s'ouvrit. Concentré sur sa tache, les yeux rivés sur le tissu indomptable grâce au miroir, il ne l'entendit pas s'avancer. « Eh bah dis donc, on peut dire qu'il était temps que tu te maries. Vingt-six ans et pas foutu de nouer une cravate correctement, quel malheur. Et dire que t'es presque médecin... ! » Il releva les yeux, un sourire forcé sur les lèvres. « Ah ah. Figure-toi qu'un premed de troisième année n'a pas vraiment le temps d'apprendre à nouer une cravate. On préfère apprendre à recoudre. »  Le sourire de Ben lui tira un sourire plus large et il se détourna du miroir pour faire face à son ami. Celui-ci s'avança d'un pas et, bon cavalier, attrapa la cravate qu'il commença à nouer. « C'est toujours ce que les premed disent pour essayer d'être pardonnés. » « Mais ça fonctionne, non ? » Ils échangèrent un regard et leurs deux rires se mêlèrent l'un à l'autre. Ben relâcha la cravate, satisfait de son œuvre. « Ton frère est arrivé, il n'a pas l'air en grande forme, si tu veux mon avis. » Un voile traversa les yeux de Rafael brièvement. « Oui, je suppose qu'il aurait préféré que j'invite nos parents. Ou ce qu'il en reste du moins. » Il soupira et Ben n'insista pas davantage ; s'il connaissait Rafael depuis que ce dernier et sa charmante fiancée étaient venus s'installer aux Etats-Unis trois ans plus tôt, il n'était pas plus au fait des disputes qui tiraillaient la famille des Medicis que le reste de l'entourage de l'italien. « Et il est venu accompagné. » Les yeux de Rafael s'écarquillèrent. « Non ? Attends, Leo est venu accompagné à mon mariage ? » Il laissa un silence s'installer avant de reprendre. « Mince, moi qui espérais te le présenter pour que... Tu vois, vous fassiez connaissance. » Ben leva les yeux au ciel, mi-amusé, mi-exaspéré. « Et comment il s'appelle ? Ou comment il est plutôt ? Avec un peu de chance, tu lui feras concurrence. » Les joues de Ben s'enflammèrent et il baissa la tête. Taquin, Rafael le poussa au niveau de l'épaule. « Allez, balance. » L'autre se dandina un instant, se mordit la lèvre. « Eh bien... Es-tu sûr que ton frère est... Well, qu'il est gay ? » Le rire qui échappa à Rafael était moqueur. « Bien sûr que j'en suis certain ! C'est lui-même qui me l'a avoué quand on était gosse et je peux t'assurer que sa façon de parler des gars qu'on croisait était plus qu'éloquente. Mais attends. Pourquoi tu poses la question ? » La moquerie laissa place à l'inquiétude. Inquiétude qui alla en grandissant devant l'air embarrassé de son ami. « Eh bien... Il est venu accompagné... D'une femme. Et apparemment, ils sont fiancés. » Les couleurs quittèrent le visage de Rafael alors qu'une colère sourde naissait au fond de son estomac. Contre cet idiot de frère incapable de s'assumer et contre cette famille trop chrétienne pour accepter. Il allait pour parler quand la porte s'ouvrit une nouvelle fois. « La mariée est prête, il ne manque plus que le futur époux. » Il s'obligea à inspirer profondément, calmement. Il réglerait le problème-Leo plus tard. Pour l'heure, il devait se marier.


NOVEMBRE 2000 - « Alors, alors ? » La question avait fusé avant même qu'il ne soit complètement sortit de la chambre. Il avait un large sourire un peu idiot sur les lèvres, l'air épuisé. Il tituba un peu dans le couloir avant de s'arrêter en face de ceux qui avaient attendu. « Une petite fille ! » Il y eut des exclamations, des cris, des bras levés et il se retrouva bien vite encerclés par les quelques amis venus qu'ils l'enlacèrent, le félicitèrent. La tête lui tournait, il n'y comprenait plus rien. « Elle s'appelle Caiera Elizabeth de Medicis. » Il respirait vite, il sentait son cœur battre trop fort. C'était grisant. Il était devenu un adulte, un vrai. Un père de famille avec des responsabilités. Et bientôt, un médecin. Sa vie, jusqu'à présent misérable et réglementée par des codes qu'il n'avait jamais respectés, devenait ensoleillée. « Helen est épuisée mais elle a fait un excellent travail. Vous allez voir, elle est magnifique et si petite. » Il pouvait sentir son cœur se gonfler d'une joie extrême tandis que les larmes perlaient à ses yeux. « J'arrive pas à croire qu'il y a neuf mois encore je n'aurai jamais imaginé devenir papa... » Ben lui asséna une accolade amicale au niveau de l'omoplate. « Eh ouais, vieux, maintenant, t'es plus tout seul dans ta vie. Moi non plus, je t'aurai jamais imaginé papa mais faut dire que quand je t'ai rencontré, t'étais pas vraiment au meilleure de ta forme. » Rafael acquiesça sombrement mais son sourire ne le quittait plus. C'était impossible qu'il puisse cesser, un jour, de sourire ou de se sentir aussi heureux qu'il l'était en cet instant. La vie souriait, il souriait. Les larmes roulèrent sans même qu'il ne s'en aperçoive. Il rit nerveusement et la pression le relâcha soudain. Sans prévenir. « Ce soir, la tournée est pour moi, Raf. Mais avant, je tiens à voir cette petite beauté ! » L'exclamation de Ben fut très vite suivie par d'autres et le nouveau papa, se passant une main sur le visage, les entraîna à sa suite.


MARS 2003 - Ses yeux rencontrèrent le miroir et son reflet lui parut négligé. Sa barbe née semblait désordonnée, son regard, morne. Et les cernes sous ses yeux n'étaient pas pour améliorer son état. La fatigue l'accablait, tout autant que sa femme. Celle-ci apparut dans le miroir, positionnée derrière lui, dans l'encadrement de la porte. Ses yeux étaient déterminés à avoir la conversation esquivée la veille au soir et tous les jours qui avaient précédé. Il soupira, ouvrit le robinet d'eau froide. « Helen, pas maintenant. » L'eau coulait sur ses doigts, les engourdissait parfois. « Si, maintenant. » Il n'en avait pas la force. Pas l'envie, non plus. Il ne voulait pas que les mots dépassent leurs pensées, pas que les disputes envolent leur amour. Il ne pouvait plus faire semblant d'être épris d'elle comme au premier jour mais il ne pouvait pas, non plus, oublier ce qui les avait lié autrefois. Et qui, maintenant, subsistait seulement dans la présence de Caiera, leur fille de bientôt trois ans. Il leva les mains en bol pour se passer l'eau sur le visage, aurait voulu se noyer dans ces quelques centimètres de liquide gelé. « J'en ai marre qu'on reporte toujours cette discussion, Rafael. Et nous savons tous les deux que nous devons l'avoir. » Elle en avait marre. C'était comme ça qu'elle commençait ses phrases depuis quelques mois. Elle en avait marre qu'il rentre tard, marre qu'il soit si complice avec ses collègues de l'hôpital, marre qu'il soit le bon parent au yeux de leur fille, marre qu'il soit souvent absent, marre qu'ils ne fassent que se croiser. Mais jamais, elle ne se demandait si lui aussi, n'en avait pas marre des reproches dont il était la cible. « Ta fille, notre fille, a besoin que tu sois là plus souvent, elle a besoin que tu puisses lui raconter une histoire le soir avant qu'elle aille se coucher. J'ai besoin que tu sois là pour me relayer. » Il fit volte-face, elle croisa les bras. « J'ai des horaires de dingue, Helen, et tu le sais aussi bien que moi. Je ne choisis pas mes heures de garde parce que je ne suis qu'un interne de dernière année. Je prends ce qu'on me donne et j'essaie de faire mon boulot du mieux que je peux tout en étant un père. Mais concilier les deux est difficile, vois-tu. Contrairement à toi, je ne peux pas avoir d'horaires fixes, et oui, il m'arrive de faire beaucoup d'heures supplémentaires parce que je ne peux pas lâcher un patient en état grave sous prétexte que je dois lire une histoire à ma fille tous les soirs ! Le mois prochain, je serai de jour et je pourrai te relayer, mais en attendant, j'ai besoin que tu me soutiennes. » Il comprit que la dernière partie de sa phrase ne passait pas lorsqu'elle eut un rire mauvais. « Que je te soutienne ? Mais je ne fais que ça, figure-toi ! J'étais là quand t'étais un magicien raté, j'étais là aussi quand t'as échoué au concours de police ! Là encore quand t'a retapé la première année de premed. Mais j'ai aussi mes ambitions et je les mets toujours de côté pour toi. J'ai aussi besoin que tu me soutiennes mais ça, tu ne le voies pas. Ton éducation de petit prince a finit par bouffer l'homme généreux qui était en toi. » Ils s'observèrent, Helen baissa les yeux. Il ne répondit pas. Le ton était monté d'un cran et s'il voulait trouver quelque chose à répliquer, la voix de Caiera l'empêcha de prononcer le moindre mot. Alors il sortit de la salle de bain et alla retrouver sa fille.


SEPTEMBRE 2005 - « Bon, eh bien voilà. Monsieur Medicis, Madame Medicis, vous voici officiellement divorcés. » Morose, enfoncé dans le fauteuil peu confortable, Rafael leva à peine les yeux des papiers étalés devant lui. Chacune des feuilles portait sa signature sans qu'il n'ait de vrai souvenir quant à l'instant où il avait versé l'encre sur elles. Il sentit la main de son avocat venir lui serrer l'avant-bras brièvement tout comme il pouvait sentir le regard d'Helen sur lui. Mais il ne pouvait se résoudre à les observer, ni l'un, ni l'autre. « Et pour la garde de Caiera, comment fait-on ? » Il savait que les autres échangeaient un regard, il ne broncha pas du moindre centimètre. Il savait qu'il aurait du relever la tête, se sentir concerné, s'impliquer, demander à obtenir la garde de sa fille, se battre, argumenter qu'il avait un meilleur salaire pour la nourrir, l'habiller, la choyer. Il n'en fit rien. « Eh bien, le juge va étudier vos dossiers à chacun et voir qui semble être le plus à même d'obtenir la garde mais bien sûr, ça n'empêche pas une garde partagée où chacun de vous pourra l'avoir une semaine sur deux. » L'air était électrique, la tension, palpable. Helen dut tourner la tête pour observer Rafael qui ne déserrait toujours pas les lèvres. « Ça me semble être une bonne idée. Une semaine sur deux. » Son avocat se pencha vers lui, lui murmura quelques mots à l'oreille mais il n'écoutait pas. Il s'en foutait. Il se fichait de savoir qui allait pouvoir vivre avec Caiera, il se fichait de savoir s'il allait devoir version une pension alimentaire, se fichait de la décision du juge. Sa vie était brisée. Son mariage était brisé. « Qu'est-ce que vous en dîtes, Monsieur Medicis ? » Malgré lui, il hausse les épaules. Il voulait leur dire qu'il en avait rien à foutre, leur avouer que ça ne lui importait pas. Les mots ne sortaient pas. Ils restaient bloqués dans sa gorge. « Elle n'a qu'à vivre avec sa mère. De toute façon, ça change pas grand chose. » Il imagine les regards choqués par sa déclaration, il sait la colère dans les yeux d'Helen. Il s'en fout. Il veut boire un verre, il veut se rouler en boule, il veut gueuler et chialer et cracher et gerber. Il veut en finir, fuir, partir. Il n'entend pas le reste de la conversation, il garde les yeux rivés sur les papiers du divorce. Il veut crever.


MAI 2013 - Le bâtiment était sombre et malgré les lumières au plafond, le manque de luminosité affectait sa vue. Il plissait les yeux, essayant de reconnaître les quelques visages qu'ils croisaient, sans grand succès. Par moment, il s'arrêtait devant une porte qui donnait, lui semblait-il, sur un laboratoire mais le sergent chargé de l'accompagner et le Major Davis parvenaient alors à retrouver son attention en lui demandant de bien vouloir les suivre. Il ne comprenait pas ce qu'il passait, pas plus qu'il comprenait la raison de sa présence dans cet espèce d'entrepôt sordide, ni pourquoi on l'avait contacté, lui. Il pressa le pas pour arriver à la hauteur du Major Davis. « Excusez-moi, pouvez-vous me rappeler que fais-je ici, encore une fois ? » L'homme en uniforme officiel bleu – une tenue qu'il n'avait pu admirer que dans des séries télé – tourna la tête vers lui. « Comme je vous l'ai dis dans l'avion qui nous a mené ici, nous nous trouvons au cœur de la Zone 51 qui, contrairement à ce que beaucoup de rumeurs affirment, existe réellement. » Rafael fronça les sourcils, la tête tournant tantôt à gauche, tantôt à droite à mesure qu'ils dépassaient des hommes en blouse blanche. « Certes, mais, euh... Pourquoi ? » Le Major Davis eut un semblant de sourire sur les lèvres. « Ça a un rapport avec le programme porte des étoiles qu'on vous a présenté. »  La bouche formant un ovale presque parfait, l'italien laissa échapper une expression avant de se parer, à nouveau, d'un voile de suspicion. « J'ignore qui vous penser pouvoir avoir avec cette drôle de plaisanterie, bien qu'elle ne soit en réalité, pas très amusante, mais je peux vous assurer que je ne crois pas en l'existence d'extra-terrestre, à part peut-être dans Rosewell, et encore. » Le militaire le regarda un instant et Rafael jura qu'il avait vu une lueur amusée, peut-être même moqueuse, traverser son regard. « Eh bien, Docteur Medicis, je suis désolé, mais ce que vous allez voir dans cette pièce va réduire en miette toutes vos croyances. » Le médecin s'aperçut alors qu'ils s'étaient arrêté devant une porte et, d'un signe de tête, Davis donna l'ordre qu'on l'ouvre. Les portes coulissèrent et, après y avoir été invité par le Major, Rafael pénétra dans la vaste pièce. Chaque table était recouverte par divers objets qu'il n'aurait jamais eu l'audace d'imaginer, même plus jeune. Il s'avança vers l'une d'elle pour y découvrir un croisement entre un mini-serpent et un ver de terre géant, à ceci près qu'il portait ce qui ressemblait à s'y méprendre à des collerettes au niveau de ce qui semblait être la tête. Il grimaça une expression de profond dégoût avant de se pencher pour mieux l'observer. « Je serai vous, je ne m'approcherai pas trop. » Il tourna la tête vers le Major Davis. « Major, je vous en prie, un aveugle serait capable de voir qu'il s'agit d'une stupide réplique provenant d'un studio d'Hollywood. » Davis sourit avant de désigner du doigt un bocal remplit d'un liquide aussi transparent que l'eau et dans lequel nageait un autre de ces serpents-vers. Il s'approcha, fasciné. « Je dois reconnaître que vos effets spéciaux sont bluffants. » L'animal – la créature ? - tapait contre le verre avec force, comme s'il tenait à pouvoir s'enfuir. « Je vous présente une larve Goa'Uld. Enfin, celle qui se trouve sur la table est une larve Goa'Uld, celle que vous observez est une larve Tok'Ra, la différence réside principalement dans leur comportement mais... Eh bien, je laisserai au Docteur Jones le plaisir de vous en apprendre davantage. » Médusé, Rafael tournait autour du bocal. « Pardon, le Docteur qui ? » Il quitta finalement la larve Il-ne-savait-pas-quoi des yeux pour les poser sur le Major Davis. « Le Docteur Jones, la dirigeante actuelle de la Cité d'Atlantis. Elle vous attend au SGC pour une vidéo-conférence et... Si vous acceptez, vous irez la rejoindre le mois prochain. Le Docteur Jones est plutôt confiante dans vos compétences et la CIS a appris à croire en ses goûts. » Rafael arqua un sourcil. « La rejoindre ? Mais où ? »  Le sourire qui s'afficha sur les lèvres du Major n'aida pas à rassurer Rafael. « Sur Atlantis. »


JUIN 2013 - Il termina d'effectuer un tour sur lui-même, les yeux et la bouche grand ouverts. Le triste décors du SGC avait laissé place à une vaste salle clair et lumineuse. Ses yeux tombèrent sur ce qui lui avait été présentée comme étant la Porte des Etoiles et il ne put que voir la bulle d'eau bleue s'éteindre et le silence revenir. « Docteur Medicis, laissez-moi vous souhaiter la bienvenue. » Il fit volte-face pour se retrouver face au Docteur Jones à qui il serra la main brièvement. « Docteur Jones, je suis, euh, ravi, d'être ici. Je suppose. Le Major Davis m'avait fait étale des beautés qu'on pouvait trouvé sur la Cité, mais je ne pense pas qu'il parlait de l'architecture... » Curieux de découvrir les faces cachées d'une cité mythique, Rafael avait levé la tête pour tenter de percer les mystères qu'Atlantis recelait. « Il y a plus d'un trésor sur la Cité et croyez-moi, Docteur, vous aurez tout le temps nécessaire pour les découvrir. » Il acquiesça sans vraiment savoir s'il avait envie de prendre le temps où de se précipiter sans réfléchir. « Maintenant, excusez-moi de paraître aussi directe, mais nous avons réellement besoin de vos compétences toxicologiques pour un cas. Plusieurs de nos membres ont été affectés sur une planète et si nous en ignorons la cause, nous pensons que cette fièvre a put être causée par un virus ou une bactérie présente quelque part. Ils sont à l'infirmerie pour le moment mais leur état s'aggrave d'heure en heure. Les Docteur Beckett et Keller vous attendent. » Ramené à la réalité et à la raison pour laquelle il avait été contacté par le Pentagone ramenèrent son séreux et il hocha la tête. Il était temps pour lui de se mettre au boulot.


FEVRIER 2015 - Il se pinça l'arrête du nez. Une migraine allait et venait, cognant dans son crâne comme autant de petits marteaux de Thor. Lassé de se tenir ainsi penché sur son microscope, il se frotta les yeux et jeta un coup d’œil à sa montre pour découvrir, sans grande surprise, qu'il était penché sur cette molécule depuis près de deux heures et qu'il n'avait rien découvert, si ce n'était qu'elle était capable de se reproduire toutes les trois minutes et vingt-sept secondes. Et qu'elle ne ressemblait en rien à tout ce qu'il avait pu étudier jusqu'à présent mais, là encore, ce n'était pas une bien grande surprise. Pégase était loin d'être aussi semblable à la Voie Lactée que tout le monde le pensait. « Rafael ? » Il tourna la tête, un sourire étirant ses lèvres en découvrant le visage inquiet d'Emmanuelle. « Je croyais que tu allais te coucher pour être à l'heure pour ta garde ? » Il laissa le tabouret tourner pour lui faire face. « Mais c'est ce que j'allais justement faire. » « Tu m'as dis ça il y a plus de quatre heures et ta garde commence dans moins de trois. » Feignant la surprise, et plus encore l'innocence, il pinça les lèvres et regarda sa montre. « Il semblerait que le temps soit passé plus vite que je ne l'avais pensé. Je voulais essayer de déterminer quelques caractéristiques de la molécule rapportée de P7M-684 mais ça n'a rien donné. » Elle s'avança, croisa les bras dans un air faussement maternel. « C'est normal, avec la fatigue que tu accumules ces derniers jours, il y a peu de chance que tu sois capable de discerner quoique ce soit. Même un Wraith au milieu du couloir t'échapperait. » Il feignit un air indigné. « Alors là, je suis vexé. » Elle rit et fit le tour de la paillasse pour aller se poster de l'autre côté du microscope. « Va dormir un peu, je prends la relève. Ma garde se termine quand la tienne reprendra, on ira déjeuner ensemble. » Il plissa le nez, secoua la tête. « Je ne suis pas certain que tu aies envie de déjeuner avec quelqu'un incapable de discerner un Wraith au milieu d'un couloir. » Elle rit de bon cœur et, d'un geste de la main, lui indiqua la sortie. Il se releva lentement, se frotta la nuque avant d'obéir. Oui, un peu de sommeil ne pourrait pas lui faire de mal.

   
Rafael est l'un des derniers et, de ce fait, l'un des rares, descendants des Medicis, l'une des très célèbres familles italiennes. Et si, dans leur pays natal, cette famille est encore reconnue et réputée pour avoir un certain pouvoir sur le gouvernement actuel, cette vérité n'est pas universelle. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Rafael a quitté l'Italie pour se terrer dans d'autres pays. ✶ Plus jeune, il voulait devenir magicien, à l'instar de David Copperfield. Ambition qui s'est affirmée devant les réactions d'effroi de ses parents, Katarina et Antonio, qui ne trouvaient pas ce métier digne de leur nom. Après plusieurs échecs cuisants, Rafael s'est tourné vers la police puis, finalement, vers la médecine après avoir raté le concours d'entrée de police. ✶ Il a été marié pendant près de dix ans, dont sept de bonheur et trois de disputes successives. De ce mariage est née une petite fille, âgée maintenant de quinze ans. Il fut un temps où ils étaient relativement proches, notamment durant les trois dernières années de mariage, Rafael tenant à être présent en tant que soutiens pour la petite fille. Mais cette époque est révolue et c'est à peine s'ils se voient, à présent. ✶ Il porte des lunettes depuis l'adolescence mais sa vue se détériore, principalement à cause de l'âge, mais aussi à cause du temps passé sur un microscope à observer la structure moléculaire d'un virus. Néanmoins, il continue à ne les mettre que de façon ponctuelle, trop têtu pour écouter les conseils des ophtalmo. ✶ Naturellement, sa langue première reste l'italien, bien qu'il soit sur territoire anglophone depuis des lustres. Il jure d'ailleurs dans sa langue natale et l'utilise dès qu'il veut faire des confidences sans être compris - généralement des déclarations murmurées à l'oreille d'une collègue. Il parle maintenant parfaitement anglais et a quelques brèves notions de français - suffisamment pour commander une bière dans un bar et réclamer la chaîne sport dans un hôtel. Il a également appris le latin, contraint et forcé par sa mère tyrannique mais il n'en a retenu qu'une misérable phrase qu'il est maintenant incapable de traduire. ✶ S'il est allé à l'école, ses parents lui ont aussi payé des cours à domicile à cause de ses notes peu glorieuses et de son zèle permanent. Il n'était pas le meilleur élève, loin de là. Ces cours à domicile n'ont été qu'une source de dispute supplémentaire avec ses parents qui espéraient qu'ils reprendraient la voie de leurs aïeux en devenant banquier ou homme politique. Deux choix de carrière qui le rendent malade. ✶ S'il donne souvent l'impression d'être particulièrement fermé d'esprit, misanthrope, misogyne ou homophobe, c'est une image fausse qu'il donne de lui-même. Il se trouve, au contraire, que son frère aîné est homosexuel et qu'il est la seule personne de sa famille à le savoir et l'accepter et qu'il prend souvent part aux manifestations pour l'égalité pour tous. ✶ Il est de concession catholique, baptisé et s'il lui arrive encore de marmonner un dear lord désespéré ou de cracher un jesus colérique selon les situations, il a cessé de croire depuis bien longtemps et s'affirme athé depuis de nombreuses années. ✶ S'il se donne souvent des airs d'ours mal léché ou de gros bourru râleur, il sait aussi se montrer particulièrement doux, notamment avec ses patients, ou romantique.  Par ailleurs, c'est un grand féru de poésie, les œuvres de Musset et de Dante ne sachant absorber toute l'admiration qu'il porte aux deux auteurs. ✶ Quand sa fille était petite, avant le divorce, il s'amusait à la déguiser en Captain America pour Halloween tandis que lui-même se peignait en vert afin de représenter la version abrupte de Bruce Banner. Ce rituel avait pour avantage de faire croire à sa fille qu'il était réellement capable de se transformer en Hulk s'il s'énervait trop. Un moyen comme un autre de garder la petite fille pleine de vie à l’œil et au calme. ✶ Rafael apprécie toujours la bonne nourriture même s'il reconnaît ne pas aimer cuisiner. Il le fait, principalement par nécessité, et reste surtout dans des plats d'une grande simplicité, n'osant jamais réellement changer les recettes qu'il suit, vaguement, à la lettre. ✶ Quand il a accepté le boulot sur Atlantis, il ignorait encore tout du programme porte des étoiles. Pour lui, les aliens n'existaient que dans les meilleures œuvres de science-fiction, qu'elles soient du septième art ou de la grande littérature. Il n'a, d'ailleurs, pas cru tout ce qui lui était dit avant de se retrouver nez à nez avec une larve goa'uld présente dans la zone 51. Il est resté sans voix, avant de blanchir et de quitter la pièce. ✶ L'idée de ne pas pouvoir rentrer sur Terre quand il lui souhaite et donc, par la même occasion, de ne pas pouvoir voir sa fille aussi souvent que souhaité, ne semble pas être un gros problème pour lui. Il lui écrit des mails vaseux et guère précis sur ce qu'il vit, sur le nouvel hôpital où il travaille (version officielle de sa mutation) et s'il se doute qu'elle ne doit pas gober un mot de ce qu'il lui raconte, il la sait suffisamment maligne pour ne pas poser trop de questions. ✶ Il déteste les combats, les armes et tout ce qui pourrait s'en approcher. Il a appris à se servir d'une arme, évidemment, lors des cours pour l'école de police, et il tire plutôt bien - certains disaient qu'il aurait put être un sniper mais il en doute beaucoup - mais ça ne l'empêche pas de mépriser celles-ci à présent qu'il a pu constaté des dégâts qu'elles causaient, de près. ✶ Il ne sait pas dire non à un nouveau virus, une bactérie ou une maladie encore inconnue. C'est plus fort que lui. Il fera d'abord l'inintéressé avant de se précipiter le premier sur les informations retenues ; forcément, Pégase est, pour lui, une véritable mine d'or. ✶
Rafael n'a jamais contracté de virus extra-terrestres, dû au fait qu'il ne soit jamais allé sur une planète autre que la Terre ou que la Cité. Il a, en revanche, semble-t-il, du mal à s'accoutumer au passage de la porte des étoiles - le passage de l'horizon des événements semble le rendre malade, provoquant un effet nauséeux bien que ça ne dure jamais plus d'une heure et demi. Cela suffit pourtant à lui couper toute envie d'abuser de ce moyen de transport pourtant très pratique ✶ Il est d'une hygiène impeccable ; si cela peut provenir de son métier qui requiert une telle hygiène, ça vient aussi du fait qu'il souffre d'une forme de trouble obsessionnel compulsif qui le rend quelque peu maniaque. S'il tente de ne pas trop le montrer pour ne pas passer pour plus casse-pied qu'il ne l'est, il n'en reste pas moins extrêmement pointilleux quand il s'agit de combattre les acariens et de rangement. ✶ Il ne tolère pas certains aliments ce qui l'oblige à suivre un régime particulier. Régime qu'il ne suit pas de façon très régulière. ✶ Il y a cinq ans, il a eu un fort taux de cholestérol. Suffisamment inquiétant pour que son médecin traitant l'oblige à diminuer les quantités. Il est, maintenant, redevenu à la normale et Rafael retourne à ses bonnes vieilles habitudes. ✶ Loin d'avoir un physique athlétique, Rafael se sait en léger surpoids pour son mètre soixante-treize. Un petit surplus qu'il pourrait, ou aurait pu, corriger en se mettant au sport. Ce qu'il n'a jamais trop pris le temps de faire. ✶ Il a fait une réaction allergique après avoir ingurgité une banane. Son œsophage a gonflé et aurait pu se boucher si les secours n'étaient pas intervenu. Autant dire qu'il n'a plus jamais avalé une banane de sa vie depuis. ✶ Bien qu'il ne soit pas particulièrement phobique, il a horreur des abeilles, des guêpes et tout ce qui vole trop près des oreilles. ✶

   
Yop ! Donc moi, derrière l'écran, c'est ghost.writer/manon, âgé(e) de 20 ans à ce jour. J'ai découvert le forum cherchant, ne trouvant pas, discutant avec Jown, le créant et je trouve que le design est JAUNE et de moi, accessoirement. Vu que je vous trouve trop bad ass, je pense que je serai présent(e) 7/7 jours car j'ai aussi une petite vie à mener en parallèle. J'ai entre 1 et 8 compte(s) sur le forum et leur nom à tous c'est FIND THEM. wesh.. Comme on peut choisir si on autorise ou non d'autres à avoir la même identité que nous, je précise que refuse que quelqu'un porte le même pseudo complet que moi.
celtic cherokee


   
codage de ghost.writer

   



in this bed where i rest, i'm homeless. this house i know best but i'm homeless. my hunger it grows, and it won't let me go, and it burns my chest, i'm homeless. heavy steps on hardwood floors into my room through broken doors try to leave this day behind me but peace will never find me


Dernière édition par Rafael de Medicis le Dim 20 Sep - 16:04, édité 16 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Rafael de Medicis, ours mal léché

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Rafael Delgado a un accident de voiture [Libre]
» (M) Rafael Nadal ☼ Je te connais toi!!
» 27 novembre
» Raphaël Farès
» Élection de Monster BB

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: version 2.0 :: Archives présentations-

© Stargate Atlantis, tous droits réservés.