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Quelques ennemis ne seraient pas de trop...
Les possibilités de jeux sont nombreuses pour les humanoïdes en dehors d'Atlantis,
tous ne sont pas obligés de rejoindre la Cité pour jouer ou s'intégrer correctement.

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 haunter & healer (athala)

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MessageSujet: haunter & healer (athala)   Dim 28 Mai - 21:44


✩ ✩ ✩ ✩ ✩  
i taught you well that we won't run, that we won't run, we won't run


« Vous savez, cela ne servait à rien de requérir la présence d'un guérisseur si vous avez décidé de ne pas écouter ses conseils ! » Assis sur l'herbe encore humide, le jeune homme avait levé la main. L'espoir de retenir le guerrier était vain, mais il le conservait tout de même. Ses grands yeux bleus rencontrèrent ceux, nettement plus sombre, de celui qui dirigeait la troupe et il déglutit. Venait le temps où le guérisseur regrettait d'être ce qu'il était et de vouloir, peu importe le prix, à prendre soin des blessés qui usaient de son unique talent. « Ne me regardez pas comme ça. Vous vous êtes présenté à l'Archipel en disant avoir besoin de l'un d'entre nous pour votre périple. Ce qui était vrai, vu le nombre de fois où vous a manqué de mourir, mais peut-être serait-il sage, à présent, de m'écouter et de vous reposer ? » Alors que l'autre homme s'approchait, Kanavu rentrait la tête dans les épaules, se recroquevillant petit à petit. Ou peut-être qu'il serait plus sage qu'il n'en dise pas davantage s'il ne voulait pas finir comme les cadavres que l'homme avait délaissé, quelques longues minutes plus tôt avant qu'ils n'établissent un maigre campement. Sur lui, toutes les paires d'yeux, ou les yeux uniques pour deux d'entre eux, et les respirations retenues. Une attitude qu'ils notaient uniquement lorsque, Kanavu l'avait rapidement compris, le Chef se pensait défier.
Oh. Problème.
Il déglutit une nouvelle fois, leva les mains en signe d'apaisement mais ne retint pas un sursaut en voyant que l'autre ne donnait pas l'air de s'être davantage calmé. « Vous avez été gravement blessé sur tout l'abdomen. Il ne m'a pas été aisé de vous guérir et certains de vos organes vitaux avaient été endommagés. J'ai pu les guérir mais ça ne tiendra pas si vous faîtes trop d'effort. Or, d'après ce que j'ai pu en juger, vous avez un don certain pour trouver des ennemis sur votre route. Et pour finir blesser... Non pas que vous soyez un mauvais guerrier ! Au contraire, je n'ai encore jamais vu de guerriers aussi braves ! Sans doute parce que je n'étais encore jamais sortit de l'Archipel vous diriez-vous, et vous aurez raison, mais il y a beaucoup de grands guerriers qui viennent pour qu'on puisse leur prodiguer des soins. Et peu ont votre ténacité... Je crois que vous voulez que je me taise. Alors je vais... Me... Me taire. » Totalement replié sur lui-même, prêt à se couvrir la tête de ses mains, Kanavu avait, lui aussi, retenu sa respiration. Ce fut toutefois un rire qui lui tira un long sursaut et une main s'abattit brutalement sur son épaule, dans un geste sympathique. Il risqua un coup d’œil, mais le Chef, suivit par les autres membres de la troupe, riaient aux éclats. Oh. Humour Tykans, sans doute. Bien vite, deux gros bras l'attrapèrent par les épaules et le remirent sur pied. Peut-être un peu trop vite pour le pauvre guérisseur qui eut alors la tête qui se mit à tourner. Du bout des doigts, il attrapa son foulard et se couvrit le nez avec. Les yeux fermés. Voilà.
Plus un bruit autour de lui. Il souleva les paupières, s'aperçut que ses compagnons d'aventures s'étaient déjà éloignés, sans un regard pour lui. « Hé ! » Attrapant sac en toile, jarre en terre et vérifiant qu'il n'oubliait rien d'important pour ses pratiques médicinales, il trottina derrière eux. L'espoir de les rattraper restait présent dans son esprit. Comme imposé.
Mais illusoire.
Leurs ombres déjà s'effaçait au loin et la jungle se faisait plus épaisse à mesure qu'il s'y enfonçait. Il ralentit. S'arrêta. Déglutit. Encore une fois. Il n'avait pas pris la carte, se contentant de suivre idylliquement ceux qui l'employaient. Lentement, le jeune guérisseur porta une main à sa tête. Il était perdu.

Enfin, le village se dressait. Les heures s'étaient écoulées, tombant dans l'écorce des arbres, entraînant avec elles les feuilles grises. Les chaumières s'esquissaient comme dans un tableau merveilleux. Enfant balbutiant, Kanavu découvrait cette nouvelle vie avec émerveillement. S'il lui était arrivé de quitter l'Archipel pour accompagner Maître Chi-chan jusqu'à Vor Al afin de commercer, jamais encore il n'avait rencontré de peuples étrangers. Les différences, aussitôt, lui sautèrent aux yeux. Telles des évidences. Les tuniques des uns, pour commencer. Elles ne paraissaient pas être faites de toiles mais dans une matière plus douce, et sans doute plus résistante à l'eau. La grande majorité marchait pieds nus et c'était avec des grimaces de douleur que Kanavu les croisaient, observant avec curiosité leurs doigts de pieds en éventail. Quant à leurs maisons ! Des demeures solides, dans un matériaux proche de la pierre d'après ses connaissances mais dont il ignorait le nom, hautes et larges. Passant devant certaines d'entre elles, il pouvait apercevoir de la lumière se diffuser à travers d'étranges objets entreposés à des endroits stratégiques. Aucune bougie. Juste de la magie. Silencieux devant tant de merveilles et de nouveautés, le guérisseur se glissait au milieu des passants. Il en était presque venu à oublier ses compagnons qui l'avaient abandonnés, bien des heures plus tôt.
Jusqu'à ce qu'une délicate odeur de viande séchée ne lui parvienne. Alléchante. Il inspira, les yeux fermés et l'air idiot. Il commençait à se faire tard, s'il se fiait à son horloge biologique, mais le soleil restait encore haut dans le ciel sur cette planète. A moins qu'il ne s'agissât d'un autre. De ses yeux clairs, il survolait les panneaux, déchiffrant avec son érudition les mots qui y étaient inscrits. Auberge. Voici donc ce qu'il cherchait. Immense sourire. Et le voilà qui s'engouffrait dans l'auberge, s'en prêter attention aux trois marches qui faisaient obstacles à son chemin. Son pied buta contre la première, le second rencontra la suivante et son genoux fit la connaissance aimable du sol dur tandis qu'il s'étalait par terre dans un fracas bruyant. Au moins la jarre était restée intacte. « Très solide, cette jarre, » nota-t-il à voix haute tout en restant allongé. Une douleur sourde se faisait ressentir au niveau de ses côtes et, instinct de guérisseur aidant, il ferma les yeux. Se concentra. Effaça le décore, laissa son esprit flotter sur le vide absolu. Oublia les bruits, les sensations. Et analyse. Son propre corps. Un exercice plus difficile qu'il n'en paraissait et qu'il n'était pas recommandé de pratiquer. Mais son examen rapide lui apprit ce qu'il craignait. Une côte fêlée qu'il se devait de soigner au plus vite. Une goutte de la Flora Eudi devrait lui permettre de ne pas sentir la douleur et un simple bandage l'empêcherait d'aggraver les dégâts. Du reste, c'était son mental qui faisait tout.
« Dis donc toi, tu veux pas t'lever de mon sol, t'empêches les gens de passer ! » gronda une voix au-dessus de sa tête, le tirant de sa concentration et lui arrachant une grimace. « Oh euh, oui. Bien sûr. » Il se remit sur pieds, sans que son sourire ne le quitte un seul instant mais ne paraissait pas se rendre compte que l'aubergiste n'en avait que faire et ne lui accordait déjà plus le moindre regard. « Dîtes-moi, vous reste-t-il des chambres ? Il m'en faudrait une pour la nuit. » Il avait pris grand soin de déposer la jarre à côté et tenait, serré contre son torse, le sac contenant les plantes et les concoctions précieuses. « Oh, n'auriez-vous pas vu une troupe de Tykans passer par ici ? Sans doute tôt dans l'après-midi. Je suis à leur recherche, je les accompagnais mais j'ai finis par les perdre. » A moins que ce ne fut l'inverse, Kanavu ne savait plus réellement. Comme l'homme haussait les sourcils et lui cherchait une chambre, le guérisseur se retourna et observa les autres clients. Peu nombreux en réalité. A part la personne intriguante, avec son étrange peinture sur le faciès et son air peu charmant. Un frisson le traversa. Avant qu'il ne fronce les sourcils et ne l'observe plus attentivement. L'étrange client avait un visage bien fin pour être celui d'un homme bourru comme le laissait pourtant penser son attirail. Et il n'était un natif de cette planète, c'était une certitude ! De quel contrée venait-il donc ? C'est aussi qu'il ne paraissait pas vraiment masculin.
Il manqua de tomber une nouvelle fois. L'aubergiste lui tendait un registre mais Kanavu l'ignorait. Il s'approcha de l'étrange personne, tenant toujours son sac de toile entre ses bras. « Excusez-moi... Êtes-vous une femme ? »


(healer) kan a vu un tapis caché sous son lit. 
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MessageSujet: Re: haunter & healer (athala)   Lun 19 Juin - 17:51


    Le sang coulait sur la lame pour goutter sur le sol. Les feuilles avaient été rougit par le combat et à présent le cadavre encore chaud fixait le vide de son regard terni. La bouche ouverte laissait échapper un filet de sang et de bave mêlés. Un autre corps tomba dessus, portant les marques tranchantes d'armes affûtées. Un silence de mort régnait à présent dans la plaine morne. Il y eu le bruit du métal que l'on sortait d'un fourreau et à deux reprises le chant du fer qui lacérait les gorges. Les deux corps avaient perdu leurs têtes, celles-ci enfermées dans un sac en toile de moindre qualité. Les villdyrans avaient accomplit leur tâche avec une efficacité sans égale une fois encore. Les cadavres seraient laissé au loisir des bêtes qui rôdaient dans le secteur, encore trop effarouchées pour oser approcher et voir d'où provenait cette odeur de sang qui se faisait abondante.

    Les chasseurs de prime quittèrent les lieux de la tuerie pour ne plus être que des fantômes. Invisibles. Ils n'auraient jamais arpenté les terres des Ecorhantes qui peuplaient cette petite planète de la galaxie de Pégase. Arrivée à hauteur du Passage entre les mondes, Athala entra les coordonnées d'une nouvelle planète. Lorsque la masse bleue se stabilisant dans le passage, les hommes y pénétrèrent avec nonchalance et habitude. La chasseuse surveillait les alentours pour déceler un quelconque observateur et lorsque le dernier villdyran passa au travers du Passage, à son tour elle s'y aventura. Le passage entre les mondes se ferma quelques secondes apprend, laissant à nouveau la paix envahir les lieux.

    Sur la seconde planète, Athala entra de nouvelles coordonnées, celle de la planète où ils devaient se rendre. A nouveau ils disparurent au travers de la masse bleue qui se dissipa après le passage d'Athala. Enfin, ils arrivèrent sur la dite planète sur laquelle il était question d'une récompense intéressante en échange du service qui venait d'être rendu. La chasseuse avait pris la tête de la petite troupe, son regard balayant à nouveau l'endroit avec une attention particulière. Ses yeux gris scrutaient tout ce qui tombaient dans son champ de vision. Arbres, buissons, herbes. Comme à chaque fois qu'ils allaient sur une nouvelle planète, ils sentaient combien l'air y était différent. Ici, les odeurs trahissaient une activité humaine conséquentes. Bon nombre d'âmes vivaient sur cette planète, exploitant sa faune et sa flore afin de subsister. Cela malgré les sélections qui avaient déjà affecté les villages. D'un pas assuré, la chasseuse entrepris de gagner le chemin qui menait à leur destination. Quoi que rapidement, il fut question de disparaître au travers de la végétation plutôt que de prendre une route qui devait sans doute être bien trop fréquenté à leur goût.

    Les villdyrans étaient furtivement réapparus vers le centre du village, non loin de la battisse qui servait à la maison du chef. Les regards étonnés se dressaient sur leur passage. Les murmures se répandaient comme une traînée de poudre et les rumeurs courraient en hâte pour raconter qui étaient ces étrangers qui portaient sur eux les traces de leur véritable nature. Les enfants avaient déguèpient pour rejoindre les jupes de leurs mères. Les hommes s'arrêtaient parfois dans leur besogne, surveillant d'un œil inquiet la progression des chasseurs de primes. Ces derniers ne portaient guère attention à cette légère animosité, marchant d'un pas preste avant de disparaître dans la demeure du maître des lieux.

    Le sac avait été jeté négligeaient sur le sol. Le sang était venu rougir le tissus, semant dans sa chute une odeur de sang encore frais. Le chef du village regardait le sac, arquant un sourcil face à ce spectacle macabre. C'était un homme bourru qui passait plus de temps sur une chaise à compter l'argent plutôt à s’entraîner au maniement des armes. Il avait néanmoins daigné bougé son cul pour s'approcher du sac et l'ouvrir. Il eu un mouvement de recule en découvrant les deux têtes qui lui lançaient des regards dénués de vie. Sitôt il releva les yeux vers Athala qui ne paraissait éprouvé aucun sentiment face à la scène habituelle que lui offraient ceux qui les engageaient pour éliminer des ennemis, des traîtres et autres énergumènes qui valaient qu'on leur ôte la vie. D'un signe de main, le chef demanda à un de ses hommes d'aller chercher la récompense promise tandis que de l'autre il se cachait le nez avec un bout de tissu pour ne plus avoir à supporter l'odeur du sang. On le débarrassa rapidement des trophées sans plus de cérémonie. Lors de leur premier entretien, il avait tenté d'échanger quelques mots avec les villdyrans, mais il avait très vite compris qu'il n'aurait qu'une conversation glaciale et vide. Il n'espérait plus maintenant que de les voir disparaître.

    Athala était ressorti en tête de la demeure, observant toujours avec une attention mesurer les ruelles du village. Il était à présent temps de se poser un peu et peut-être trouver un nouveau travail. Le meilleur endroit était encore une auberge quelconque Les chasseurs en prirent alors la direction, ayant repérer l'endroit à leur premier passage sur la planète. Dans un silence quasi religieux, les villdyrans étaient entrés dans l'auberge, se glissant bien vite là où ils auraient la meilleure vue sur toute la pièce. La villdyrane s'était installée de façon à faire face à la porte principale tandis que le reste de ses compagnons gagnaient les autres chaises. L'aubergiste vint leur servir quelques boissons alcoolisées après que l'un des chasseurs eut passé la commande pour ses compagnons, permettant à Athala d'observer l'arriver fracassante d'un nouveau client. Il s'était étalé de toute son long en entrant dans l'auberge avant de resté allongé sur le sol. Elle l'avait regardé sans intrigue ou intérêt, seulement parce qu'il était là comme un idiot au lieu de se relever. Finalement il fut ramené à la raison par l'aubergiste. Sitôt Athala le quitta du regard pour préférer s'intéresser à son verre, continuant de veiller à ce que personne ne vienne les déranger. Mais il aurait été fou de penser que leur tranquillité ne serait en rien perturbé. Le jeune homme qui s'était vautré en beauté à l'entrée de l'auberge était venu s'aventurer par là. Arquant un sourcil sans le regarder, se furent ses compagnons qui portèrent leur attention sur l'étranger. Ce dernier posa alors la question à savoir si Athala était une femme. Le sourcil toujours arqué, elle posa ses yeux froids sur ce curieux personnage qui posait déjà trop de questions à son goût. La chasseuse passa son bras au dessus du dossier de sa chaise pour pouvoir s'y appuyer de son flanc droit, portant alors toute son attention sur le voyageur. Elle le dévisagea avec froideur, jugeant le physique du jeune homme trop frêle pour l'inquiéter. Néanmoins elle se méfiait. « Et toi, tu es tapis ? » demanda-t-elle sans l'ombre d'un sourire sur les lèvres. D'aucun dirait qu'elle faisait de l'humour, d'autres, plus intelligent à l'observation, comprendraient qu'elle cherchait à le piquer un peu pour sonder le caractère de son nouvel interlocuteur. Étrangement pour une fois, il n'y avait aucune tension émanant de la part des villdyrans. Ils étaient même assez calme.



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MessageSujet: Re: haunter & healer (athala)   Dim 30 Juil - 21:53

Pantin devant la table bondée, le jeune guérisseur ignorait quelle attitude adopter. Lui, peu habitué à être le centre d'intérêt d'autant de paires d'yeux, se sentit soudain mal à l'aise. Nerveusement, il se mit à sautiller d'un pied à l'autre avant de légèrement se balancer d'avant en arrière. Les voyageurs qui avaient capté son attention étaient pour le moins bien loin de ceux qu'il avait pu croisé jusqu'à ce jour. A part peut-être les guerriers qu'il accompagnait. Peut-être était-ce de lointains cousins ? Kanavu s'efforçait de paraître tranquille. Ses yeux bleus croisèrent le regard froid de celle qu'il soupçonnait être une femme – sans en être certain, toute fois – et il sentit un vent glacé lui parcourir l'échine. Ah ça ! Il ne faisait aucun doute que dans un combat contre sa troupe, l'étrangère gagnait. Un seul regard avait suffit pour que le guérisseur sente sa vie s'échapper. C'était peut-être une Wraith ? Il n'en avait encore jamais rencontré mais il avait eu vent des bruits qui courraient à leur propos. Ils semblaient être capable d'arracher la vie de leur victime sans faire couler le sang. Sans jamais avoir eu l'occasion de poser ses yeux sur l'une de leurs victimes, leur seule description avait suffit pour donner des cauchemars au jeune homme. Assez pour qu'il retienne qu'il n'avait certainement pas envie de croiser un Wraith.
C'est pourquoi il devint légèrement plus méfiant devant la potentielle mi-femme, mi-Wraith.
Et puis elle répondit, confirmant de sa voix qu'il s'agissait bien d'une femme. Parce qu'un tel guerrier ne pouvait avoir une voix aussi aiguë. Ce n'était guère possible. A moins d'avoir un quelconque problème de santé au niveau des cordes vocales, mais si tel était le cas, il semblait évident aux yeux du guérisseur que le guerrier serait venir requérir l'aide de l'Archipel. Il était difficile d'avoir peur d'un guerrier s'il possédait une voix délicate. C'était, du moins, le point de vue du jeune homme. Ce fut sans doute la raison pour laquelle il fronça légèrement les sourcils, soudain perplexe. A force de tergiverser ainsi, il en venait à ne plus être sûr de rien sur le sexe de la personne qui l'intriguait et la réponse de celle-ci ne l'aidait pas davantage. Tapis ? Était-ce un mot qui possédait une définition éloignée de son propre vocabulaire ? Peut-être ne parlaient-ils pas la même langue, après tout. A l'Archipel, Kanavu avait du apprendre le langage des Lointains pour être capable de déchiffrer les épais livres de médecine qui peuplaient la bibliothèque. Mais qu'est-ce que tapis pouvait bien vouloir signifier, dans sa langue ? Le jeune homme porta une main à sa nuque, qu'il gratta pensivement tout en laissant sa bouche se tordre dans une moue pensive. Tapis. Ça devait vouloir dire homme. Ou curieux. Il hésitait encore sur la signification du mot. Il se gratta la joue avant d'hausser les épaules et d'acquiescer en souriant. « Oui, je suis... euh... Tapis. » Maintenant qu'il avait répondu à la question de l'étrangère, Kanavu espérait bien qu'elle lui en dirait davantage sur son propre compte. Même si le dialogue promettait d'être quelque peu difficile si les mots différaient. « Je viens de l'Archipel. Je suis un guérisseur du troisième cycle. Enfin, je devrai passer au cycle supérieur dans quelques jours, si je réussis les test, bien évidemment, mais je ne suis pas certain que mon Maître me pense capable d'y parvenir. J'ai encore beaucoup à apprendre, en réalité. » Et ce fut presque naturellement qu'il déposa son sac et sa jarre à terre avant de prendre place sur une chaise libre, se joignant au groupe d'individus intimidants.

Sans un mot, il observa les verres posés sur la table. Il paraissait réfléchir. Les boissons de ceux dont il ignorait encore tout l'intriguaient au plus haut point. Il finit par lever la main et commander un verre de ce-qu'ils-ont-s'il-vous-plaît-merci avant de reporter son attention sur la seule qui, jusque-là, avait parlé. « Vous savez, je n'ai encore jamais rencontré de... euh... De femmes avant. Vous n'êtes pas comme elles sont peintes dans les livres. » Et cette différence le perturbait un peu ; si sur l'extérieur, les femmes différaient tant, qu'en était-il de leur intérieur ? Leur organisme était-il réellement proche de celui des hommes ou était-il, à l'inverse, bien différent ? Sa curiosité menaçait de prendre le pas sur sa réflexion. Peut-être devait-il poser la question directement à la concernée ? Elle seule pouvait être en mesure de lui répondre correctement, après tout. Ou peut-être devrait-il attendre qu'elle soit blessée, afin de pouvoir la guérir grâce à son don ?
Incertain, il joua un instant avec ses doigts avant de s'apercevoir que son verre lui avait été déposé, accompagné d'un registre pour la chambre qu'il occuperait. Il attrapa le verre et le leva bien haut. « Eh bien... A notre rencontre ! » C'était ce qu'il fallait dire, dans un tel moment, il l'avait lu quelque part. Et il porta le verre d'eau à ses lèvres et en avala une grande rasade.
Avant de la recracher quasiment aussitôt. Ce n'était pas de l'eau. Un feu semblait s'être déclaré dans sa gorge et lui brûlait l'oeusophage entier, les larmes perlaient sous ses yeux et paraissaient vouloir couler. C'était fort. Et ce n'était pas ce qu'il y avait de plus doux au niveau du goût. Nul doute que si Maître Chi-chen savait ce qu'il avait bu, Kanavu passerait un mauvais quart d'heure et se verrait imposé un châtiment. Toussant, s'étouffant peut-être aussi, il lança un regard aux autres assis à ses côtés. Il voulut sourire, grimaça à la place. « C'est... Waoh... C'est très bon. Très doux. On le sent à peine. » Parce que s'il s'agissait d'une boisson originaire de leur contré, mieux valait ne pas trop les vexer.


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MessageSujet: Re: haunter & healer (athala)   Dim 3 Sep - 11:37


    Jusqu'à aujourd'hui, aucun personnage aussi curieux n'avait tenté une approche aussi maladroite d'un groupe de chasseurs Villdyrans. La raison ? Sans doute à cause de la réputation qui les précédait. Mais aujourd'hui… Athala et ses hommes devaient faire face à un gamin passablement aguerri avec le reste de son corps pour savoir mettre un pied devant l'autre. N'était-il pas ridicule, lui là à sauter sur un pied puis sur l'autre, observant une gestuelle étrange qui trahissait ô combien sa gène présente. Il était seul fautif du regard des autres sur lui. La femme elle, le regardait avec indifférence et froideur, comme si d'un signe de tête elle pouvait lui faire trancher la sienne simplement parce qu'il lui faisait perdre son temps. Or les villdyrans n'étaient pas spécialement axé sur la décapitation gratuit. C'était mieux lorsqu'un prix était en jeu. Cependant pour quelle raison aurait-on envie de tuer ce gamin ? Sans doute étaient-elles nombreuses mais Athala n'avait pas envie de les connaître. Quoi que l'agacement était sans doute une bonne raison. Mais à présent qu'il avait entendu la question moqueuse de la chasseuse, il semblait la prendre parfaitement au sérieux.

    A le voir ainsi cogiter, Athala lança un regard aux autres hommes de sa troupe en arquant un sourcil interrogateur, mais aucun n'était capable de comprendre quelle créature pouvait bien courir dans la tête de l'inconnu qui se prenait pour un tapis. Malheureusement pour l'heure ils n'avaient rien d'autre à faire que de regarder cet animal s'agiter devant eux. Il était beaucoup trop expressif aux goûts des villdyrans, ce qui en était presque exaspérant. Il fallait excuser un peuple aux coutumes plus proche des animaux que des êtres humains. Les expressions faciales ne trahissaient souvent que trop bien ce que les gens pouvaient avoir à l'esprit et pour Athala… C'était comme lire dans un livre ouvert. Autant dire que cela lui faisait horreur. Pas le livre, mais d'être potentiellement capable de savoir ce qui se tramait dans l'esprit d'un autre. L'ennui n'avait de cesse de l'accabler.

    Aussi la chasseuse détourna le regard pour observer l'un de ses hommes qui lui faisait face, serrant la mâchoire pour retenir un coup dans le nez de son interlocuteur ignoré. Mais l'oreille était à l'écoute, l'entendant répondre. Maladroit, hésitant, les mots semblaient lui échapper de la bouche sans plus de capacité à les retenir ou même les formuler. Quoi qu'il s'agissait peut-être d'une exagération de la part de la femme pour témoigner de son ressentiment à l'égard de cette situation.
    Ainsi était-il guérisseur ? Cela était bon à savoir. Mais Athala ne connaissait pas ce lieu qu'il nommait l'Archipel. Sans doute d'autres chasseurs de son peuple en avaient-ils déjà entendu parlé. Mais à vrai dire, les Villdyrans ne s'offraient jamais la présence d'un guérisseur. La raison ? Sans doute était-ce dût à le constitution robuste ou bien parce qu'ils avaient déjà leurs guérisseurs. Allez savoir. Si tôt qu'elle senti la présence du jeune homme tapis, ses yeux gris se posèrent à nouveau sur lui. A quel genre de parasite pouvait-il bien appartenir pour prendre place à leur table ? Toutefois, au lieu de lui botter le train à grand coup de pied – car ce n'était pas vraiment dans les coutumes des chasseurs villdyrans – Athala avait bien envie de savoir ce qu'il avait à leur raconter pour oser se joindre à eux. Est-ce de la pure inconscience ou une forme de provocation ? Elle avait bien envie de le savoir et son manque de réaction laissait ses hommes dans un état d'observation quasi passif.

    Alors qu'il commandait un vers pour faire comme eux, l'inconnu continuait de parler, faisant la conversation dans un but purement inconnu aux yeux de la villdyranne. Il n'avait jamais rencontré de femme. Ah ! Elle avait presque envie de rire d'un de ces rires moqueurs dont les hommes bourru avaient le secret. Hélas, elle restait aussi indifférente qu'une tombe. Athala attrapa son vers pour boire une gorgée, lui lançant un regard de marbre. Alors elle lui lança « Si tu ouvrais les yeux, tu verrais où tu poses les pieds et aussi à quoi ressemble une femme. » Il n'allait pas lui dire qu'il n'avait jamais croisé de femme alors qu'il devait y en avoir un bon nombre sur cette planète et certainement dans ce village. Était-il véritablement idiot pour lui dire une chose pareille ? Il possédait un bien piètre savoir au vu de ses dires. Alors qu'il était encore une fois perdue dans ses pensées, la chasseuse vit l'aubergiste poser le vers et un registre devant le jeune homme qui restait imperturbable. Athala arqua à nouveau un sourcil. Avant de finalement boire une nouvelle gorgée et reposer son vers sur la table. Puis lorsqu'il revient à la réalité, il parlait encore pour saluer cette rencontre. Athala n'aurait pas qualifié cela comme ça, mais il ne fallait pas donné trop à réfléchir à ce garçon qui passait déjà la plus part du temps à réfléchir au lieu d'observer réellement le monde qui l'entourait. Or, sous son regard de glace, il manqua de s'étouffer en buvant une première gorgée. Bien… Il ne connaissait pas non plus les boissons fortes… Tout une éducation à refaire.

    « Dis moi petit guérisseur. Aimes-tu vraiment quitter ton Archipel ? Parce que tu connais le monde comme un aveugle connaît la couleur du ciel. Tu sais qu'il est bleu mais tu n'en as jamais vu la couleur. » Alors les hommes d'Athala se mirent à rire de forte gueule alors qu'elle même resta indifférente à leur réaction, se laissant aller à s'adosser à sa chaise.



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