Bienvenue sur la cité d'Atlantis, Invité.
Tous les groupes sont importants, veillez à essayer de les équilibrer.
Quelques ennemis ne seraient pas de trop...
Les possibilités de jeux sont nombreuses pour les humanoïdes en dehors d'Atlantis,
tous ne sont pas obligés de rejoindre la Cité pour jouer ou s'intégrer correctement.

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 Evan - Missed you

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MessageSujet: Evan - Missed you   Lun 15 Oct - 18:31

Tell me I'm safe, you've got me now
Evan & Lily



Cela faisait une bonne dizaine de minutes qu’elle était assise face au tableau ; une bonne dizaine de minutes qu’elle était déconnectée de la réalité, les souvenirs épousant chaque coup de pinceau. Le gris des tours, le bleu de l’océan, les reflets du soleil. Atlantis, majestueuse, se dressait sous ses yeux, immortalisée par un artiste dont la signature ne cessait d’attirer son attention. Elle finit par se lever, effleurant le nom du peintre avec délicatesse, comme s’il risquait de s’effacer si elle ne prenait pas suffisamment de précaution.
La toile trônait sur le mur face à son lit, aussi lui arrivait-il souvent de se perdre dans sa contemplation de la sorte. Elle avait été l’un des premiers éléments installés dans cet appartement ; elle serait également l’un des derniers à le quitter. Ce moment ne serait tarder, puisque la recherche d’un nouvel endroit où vivre était devenu une préoccupation importante. Il était vital pour elle de partir, bien qu’elle aime ces murs dans lesquels elle n’était installée que depuis quelques mois. C’est avec une larme au coin de l’œil droit que Lily éloigna ses doigts de la seule preuve pour son esprit qu’elle n’avait pas imaginé l’existence du Lieutenant-Colonel Lorne et de son talent. Elle avait été si subjuguée en le voyant terminer sa toile alors qu’elle le croisait tout à fait par hasard. Elle ne savait pas s’il avait été amusé ou flatté par le regard admiratif qu’elle avait posé sur les traits de la Cité qu’elle reconnaissait mais, en tout cas, il lui avait offert le chef d’œuvre une fois celui-ci achevé. Peut-être avait-il déjà plusieurs toiles similaires -Atlantis avait de quoi inspirer, après tout. Ou peut-être qu’il était juste adorable. Elle avait fièrement accroché le présent dans son bureau alors qu’elle était encore dans Pégase -enfin, on l’avait aidé à l’accrocher. Lorsqu’elle avait compris qu’elle ne pourrait pas reprendre son poste de sitôt, elle avait demandé à ce que la toile lui soit rapatriée avec le reste de ses affaires. Elle avait craint qu’on le lui refuse étant donné le secret défense autour du Programme Porte des Etoiles. Cependant, ce n’était que de la peinture et il était toujours possible de prétendre à une grande imagination de l’artiste donc le tableau n’était pas une preuve qui trahirait quoi que ce soit. C’est ainsi qu’il avait fini à Londres, comme elle.

Lily aimait Londres, elle aimait l’Angleterre. C’était chez elle. Pourtant, elle avait l’impression d’être une baleine échouée. Elle ne trouvait plus sa place et avait beaucoup de mal à trouver du sens à son quotidien. Elle se demandait ce qu’elle faisait là ; puis la réponse s’imposait à elle : elle était rentrée au pays pour son frère. C’était aussi pour lui qu’elle y restait, pour lui qu’elle avait pris ses distances avec le SGC. Pour le protéger.
Elle s’en était terriblement voulue en apprenant qu’il était hospitalisé. Elle savait très bien que son traumatisme crânien n’avait rien d’un accident. Leur père était la cause de tout ceci, et si elle n’avait pas quitté la Galaxie, peut-être bien qu’elle aurait pu empêcher cela. Bien entendu, son petit frère ne cessait de lui répéter qu’elle n’était responsable en rien et qu’elle ne devait pas se priver de vivre sa vie pour veiller sur lui. C’était plus fort qu’elle et, insensible à la raison, elle avait préféré rester pour lui assurer des jours plus tranquilles. Lily avait beaucoup appris durant son trop court séjour sur Atlantis. Elle s’était trouvée, par le contexte dangereux, une force qu’elle ne se connaissait pas. Elle avait rencontré des personnes qui l’estimaient, des personnes qui donnaient de la valeur à sa vie. Elle avait vu l’exemple de centaines d’individus prêts à se battre pour leurs valeurs et pour autrui. Elle avait été inspirée, encouragée, enhardie. Elle avait, naïvement, crû pouvoir faire face et sauver son frère des ténèbres qu’ils avaient toujours connu.
Usant de ses contacts et d’un sens tactique pas si mauvais, elle s’en était bien sortie au début. Son frère et elle avait pu être complètement isolé de leur père. Numéro, adresse, lieu de travail. Rien n’avait filtré. Jusqu’à ce fichu article sur la clinique où la psychologue s’était établie et où elle avait visiblement trop bien travaillé. Elle avait espéré passer inaperçue. C’était sans compter sur la rage de son père, qui avait débarqué. C’était une semaine auparavant et elle en portait encore les marques.

Il n’appréciait absolument pas de ne plus avoir la main mise sur ses enfants. Lily lui avait tenu tête, bien plus qu’elle ne l’avait jamais fait. D’abord stupéfait, il avait fini par redoubler de colère et lui faire payer son insolence. Voilà pourquoi elle tenait tant à partir de cet appartement.

Une sonnerie détacha la rousse de ses pensées. La porte. Elle sourit, songeant que c’était probablement le livre qu’elle avait commandé sur Internet, à défaut de le trouver en librairie. Elle quitta des prunelles le tableau, non sans une dernière pensée à l’égard du peintre, puis sortit de sa chambre. Dans le couloir, elle croisa son reflet sur le miroir qui dominait une console de verre. Son sourire s’effaça face à son propre visage. Elle détestait ce qu’elle voyait. Elle détestait ses cheveux qu’elle avait dû couper court, elle détestait les traces qui ne s’étaient pas encore effacées de ses bras. Elle enfila un gilet pour masquer sa peau alors qu’elle frissonnait au souvenir de son père massacrant sa chevelure. Estimant avoir perdu bien assez de temps comme ça, elle se hâta de faire les deux pas qui la séparait encore de la porte d’entrée et ouvrit.

Ce n’était pas le livreur. Elle tenta de refermer la porte, en vain. Il était trop tard. Elle recula en tremblant. « Oh, c’est vilain de claquer la porte au nez de son père, Lily, très vilain. » Ce ton, beaucoup trop doux, ne présageait rien de bon, elle le savait. Elle recula d’un autre pas en lui murmurant de sortir de chez elle. Parce qu’elle n’avait pas le courage de parler plus fort, parce qu’elle tremblait comme une feuille, parce que cet homme lui foutait une trouille monstrueuse. Sa peur était justifiée par des années de douleur. Il la poussa et elle tomba à terre, perdant une de ses chaussures au passage. « Dis-moi où est ton frère. » Face au silence de sa fille, il brisa du poing la console dont les éclats de verre n’auraient pas eu grand effet si Lily n’avait pas opté pour une robe. Elle ignora la peine et la vision de ses jambes rougies par le sang pour continuer à reculer. Elle comptait bien mettre un maximum de distance entre son père et elle. Avec une volonté qui étonnait encore son géniteur, elle lui cracha un « JAMAIS ! » déterminé. Elle parvint à s’enfermer dans sa chambre, où elle se mit à chercher une solution pour se sortir du pétrin dans lequel elle s’était mise bêtement -elle aurait dû vérifier avant d’ouvrir. Elle songea qu’une arme Wraith aurait été bien utile avant de se raviser en se disant que si elle avait tiré sur son père avec une arme incapacitante et l’avait mis dehors, il aurait défoncé sa porte pour mieux la frapper ensuite. Elle n’avait pas de doute là-dessus puisqu’elle l’entendait mettre des coups de pieds énervés sur sa poignée de sa porte de chambre. Elle décida alors de pousser un maximum de choses devant pour lui compliquer la tâche. Néanmoins, elle y avait pensé bien trop tard puisque sa porte céda avant qu’elle ne puisse agir. Quelques instants plus tard, tirée par les cheveux, sa tête heurta le coin de son lit. Une douleur électrique lui parcouru l’arcade et elle ne comprit rien aux hurlements de rage qui lui parvenaient.

Son père comprit apparemment qu’elle n’était plus en état de lui fournir la moindre réponse, puisqu’il la balança sans ménagement, telle une vulgaire poupée de chiffons, en proférant de nouvelles menaces pour la prochaine fois.  Il quitta les lieux sans même prendre le temps de refermer la porte d’entrée, exposant ainsi à la vue de tout le palier le couloir de Lily avec sa chaussure abandonnée, le verre brisé et légèrement teinté de sang. La psychologue ne s’en soucia pas non plus, préférant garder son énergie pour se relever. Elle l’entendit insulter quelqu’un qui avait dû avoir le malheur de le croiser dans la cage d’escalier, quelques étages plus bas. Elle ferma les yeux et lâcha un soupir de désespoir. L’envie de pleurer la submergea, mais elle n’avait pas le temps pour ça. Elle devait ramasser, effacer les traces de la visite de son père.



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Dernière édition par Lily Nayers le Mar 6 Nov - 21:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Evan - Missed you   Dim 4 Nov - 11:22

L’avion atterrissait tout juste et, déjà, les bâtiments lui paraissaient tout à fait différents. Leur architecture, l’ambiance – et le temps gris, pluvieux. Les jours grisâtres étaient plutôt rares à San Francisco, sa ville natale, mais il les avait toujours trouvés trop mornes, trop ternes, peu propices à la dépense physique ou au repos. Ici, dans la capitale britannique, la pluie lui apparaissait différente, elle aussi ; elle ne pesait pas sur les épaules des habitants, elle n’invitait pas à la déchéance et aux traits tirés par un épuisement peu ressenti. Ça venait peut-être de ses gouttes trop fines, de ses flaques si peu profondes ou peu inquiétantes, finalement. Les Etats-Unis étaient bien loin, maintenant, et l’accent si britannique de l’hôtesse de l’air venait le lui rappeler. L’appréhension venait lui enserrer les entrailles, les et si lui embrouillaient les idées. Comme à chaque fois qu’il avait une perm’ sur Terre, comme à chaque fois qu’il en profitait pour passer voir celle qu’il était venu à considérer au moins comme une amie, Evan craignait que les choses ne soient trop étranges, trop peu naturelles, entre eux. Une galaxie s’était interposée, les séparant de plusieurs années lumières et les visites sur Terre lui étaient rares – leur rareté ajoutait probablement au caractère précieux qu’il leur donnait, mais tout de même. Il savait qu’elle n’avait pas eu des jours faciles bien qu’elle ne lui ait jamais tout raconté en détail. Il n’avait pas insisté, jamais, parce qu’il savait que la douleur pouvait rester présente pendant longtemps. Il l’avait aidée quand elle le lui avait demandé, inquiet au fond de lui-même de cette terreur perceptible dans la détresse de la psychologue et, secrètement, il avait demandé à des collègues de toujours veiller sur elle. Parce qu’il supportait mal l’idée qu’elle puisse être terrifiée par quelque chose, quelqu’un, quand elle avait déjà vécu de longs mois sur Atlantis, à fuir des Wraith et des ennemis redoutables.

Incapable de s’habituer à la conduite inversée, il grimpait dans un taxi et lui divulguait l’adresse. La conversation, il ne chercha pas à la faire, répondant qu’à mi-mot aux questions du chauffeur curieux – difficile de lui avouer faire parti d’un projet gouvernemental top-secret et qu’il tuait des aliens pour s’en sortir. Son regard clair s’attardait sur le paysage déformé à travers la vitre et une soudaine nostalgie s’empara de lui. Il n’avait jamais vraiment visité Londres, ne connaissait qu’un ou deux parcs et les monuments si célèbres et touristiques, mais pas davantage. Ce court séjour serait peut-être l’occasion propice pour découvrir la capitale – il se sentait déjà inspiré par l’ambiance et les décors qu’elle avait à lui offrir et les paysages de villages typiquement britanniques avec leurs brisques rouges le fascinaient déjà. La pluie s’était estompée avant de s’arrêter complètement et le militaire surprenait même un rayon de soleil qui tentait de percer les nuages de sa lumière. Cette ville, ce pays, ne cesserait probablement jamais de le surprendre surtout par sa météo si changeante et aléatoire.

Le taxi arrêté, Evan laissa les billets dans la main du chauffeur, sortit. Il n’avait qu’un sac sur l’épaule, de quoi tenir pour ses quelques jours de permission. Son séjour ici ne durerait pas, à son grand désarroi, puisque la guerre contre les Wraith continuaient de faire rage, là-bas, dans Pégase. Il releva les yeux vers l’immeuble, fermait un œil pour contrer l’éblouissement du soleil timide et poussa la porte au moment où un homme visiblement furieux la tirait pour en sortir. Rapide, le militaire se glissa sur le côté d’un pas, un sourcil arqué devant la brutalité dont l’autre homme pouvait faire preuve. Il avait ce drôle de sentiment au fond de l’estomac mais il préférait ne pas s’y attarder – sûrement l’habitude des aliens, sûrement l’habitude de devoir rester sur ses gardes pour ne pas finir fusiller ou capturer. Il secoua la tête, grimpa les marches deux à deux avant de se figer. Il n’était pas encore parvenu en-haut de l’escalier qu’il pouvait la voir – la porte grande ouverte, et la silhouette tremblante qui s’en découpait brièvement. Le sac tomba à terre alors qu’il franchissant les dernières marches, les derniers marches pour rejoindre l’appartement de Lily, la peur au ventre alors qu’il la distinguait de dos. « Lily ? » Et il savait, quelque part, au fond de lui, que c’était ce qui terrifiait Lily, ce qui l’avait déjà terrifié, des mois plus tôt. Il ralenti le pas, retrouva son attitude toute militaire en plaçant les mains devant lui, en observant le sol pour ne pas marcher sur les débris de verre. Il ne s’arrêta qu’une fois parvenu juste derrière la psychologue, l’inquiétude pulsant à ses tempes. « Lily, est-ce que tout va bien ? » Et il aurait voulu lui demander qui avait fait ça, qui était responsable mais la réponse, elle lui paraissait évidente – l’homme furieux du rez-de-chaussée, l’homme colérique, l’homme au regard de braise. Et avec tendresse, il tendit la main pour la poser sur l’épaule de la jeune femme et l’inviter à se retourner vers lui, ravalant sa propre colère sourde et soudaine, ravalant son envie de la prendre dans ses bras pour l’apaiser quelques secondes avant de partir à la recherche du responsable. « Lily, que s’est-il passé ? » Et il s’en voulait, de ne pas être arrivé plus tôt, peut-être même la veille, parce qu’alors, il aurait pu empêcher les dégâts de survenir. Mais il se promettait de faire marcher ses contacts, de jouer de ses relations et de son grade, pour mettre la main sur cet homme terrifiant, sur ce monstre de haine et de violence.

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MessageSujet: Re: Evan - Missed you   Mar 6 Nov - 21:45

Se relever, sans faire trop de bruit ; comme si le moindre son, le moindre signe de vie, pouvait faire revenir celui qui l’avait tourmenté quasiment toute sa vie. D’un jeu de respiration bien rodé, elle tâcha de calmer son envie de pleurer, de craquer, de crier. Elle avait mal, mal d’être incapable de sortir de ce cercle infernal. Elle était en colère, contre elle-même, pour la même raison. À l’intérieur, elle bouillait. Depuis des années, elle contenait sa frustration. Celle-ci s’accumulait, la faisant trembler toujours davantage et elle se demandait parfois combien de temps encore elle pourrait tenir sans laisser ses sentiments exploser. Peut-être perdrait-elle la raison à force de refuser de céder, à force de ne rien extérioriser.
Comme toujours, elle commença à s’enfermer dans une bulle protectrice. Imperméable au monde, elle se mettait en pilotage automatique : son corps se mouvait lentement mais son esprit s’en déconnectait. Elle ne savait plus quand elle avait pris cette habitude. Elle savait juste qu’elle était salvatrice, au moins un temps : ça lui évitait de penser, de retomber immédiatement dans la peur, de ressasser. Prenant appui sur son lit, elle se redressa et resta debout, sans bouger, prise d’un léger vertige –probablement le coup qu’elle avait pris au niveau de l’arcade. Elle baissa la tête, ce qui la soulagea immédiatement. Son regard vidé d’énergie se posa ainsi sur ses jambes, sur les filets de sang qui contrastaient avec ses jambes pâles. Superficiel. Elle n’aurait certainement pas de mal à enlever les deux ou trois débris de verre qui étaient coincés dans ses chairs et n’en garderait pas de cicatrices.

De très loin, elle entendit son prénom. C’était comme si la voix qui l’appelait était étouffée par un oreiller. Elle songea que son imagination lui jouait des tours, car après tout, qui pourrait bien venir la voir ? Elle posa sa main gauche sur son front, sa jumelle droite toujours appuyée sur son lit. C’est là qu’elle réalisa qu’elle tremblait toujours autant. À nouveau, elle entendit qu’on l’appelait. Mais cette fois-ci, elle reconnut la voix. Sa voix. Elle était sûre que c’était lui ; cependant, il ne pouvait pas être là. Elle devait délirer. Elle décala légèrement sa tête pour regarder le tableau, déboussolée d’avoir entendu si nettement la voix de son auteur, qui devait être à des années-lumière de là.
Puis un contact, une main sur son épaule. Elle sursauta légèrement, avant d’entendre à nouveau sa voix qui lui demandait ce qu’il s’était passé. Elle bredouilla tout bas un « Evan.. ? » inespéré, sans oser se retourner. Il était vraiment juste derrière elle ? Brusquement retournée à la réalité, Lily baissa une nouvelle fois la tête, silencieuse. Elle restait dos à lui, craignant la réaction du brun s’il découvrait son état. Elle devait avoir l’air si pitoyable avec son unique chaussure, ses jambes tâchées de sang et son arcade ouverte.

Il était là. À cet instant précis. Un nœud se forma dans sa gorge. Lily était submergée, à deux doigts de lâcher prise et de tout avouer à Evan. « Je... » Elle avait envie de se retourner et de se réfugier dans ses bras pour s’y perdre éternellement ; envie de lui expliquer qu’elle avait essayé d’être forte dans son calvaire, mais qu’elle n’était définitivement pas comme lui. Elle avait envie de lui dire comme elle avait confiance en lui, besoin de lui, de sa force et de son soutien ; elle avait envie de le supplier de ne plus jamais la laisser s’éloigner de lui, de l’emmener loin d’ici. Envie de taper ses poings de toutes ses maigres forces sur son torse en lui reprochant de ne pas être arrivé plus tôt ; envie de pleurer de soulagement qu’il ne soit justement pas arrivé plus tôt, aussi.
Et c’est bien ce qui lui rappela qu’elle ne pouvait rien dire. Un frisson de terreur la parcourait à l’idée que le soldat aurait croisé son père, à cinq minutes près. Elle ne doutait pas qu’Evan soit tout à fait capable de gérer ça ; néanmoins, elle ne pouvait s’empêcher d’avoir peur pour lui. Parce qu’elle était traumatisée par son père mais aussi simplement parce que c’était Evan –son Evan. Elle l’avait déjà bien assez impliqué. Il serait injuste de sa part de l’attirer davantage dans ses soucis personnels. C’était des affaires de famille, sa responsabilité à elle, et il était hors de question qu’il s’abîme à la défendre comme elle le savait parfaitement capable de le faire.
Elle se devait de garder toute sa distance, sa pudeur sentimentale, son armure. Elle se devait de le protéger un maximum de son monde. Elle prit conscience qu’elle tenait beaucoup plus à lui qu’elle ne se l’était jamais avoué. Et que c’était terriblement dangereux pour lui.
Alors elle devait lui mentir, trouver quelque chose qui justifierait les dégâts sur elle et dans son appartement. Il y avait juste deux petits problèmes. Premièrement, il était loin d’être stupide et ne goberait pas l’excuse « Je suis tombée contre la console, je toujours suis aussi maladroite ! ». Deuxièmement, elle savait qu’elle n’était pas capable de lui mentir en face, pas alors qu’il la transperçait de ses jolis yeux.

...Depuis combien de temps réfléchissait-elle ainsi, dos à lui, sans rien dire ? Le pauvre ne devait pas comprendre ce mur de silence. Et pourquoi n’arrivait-elle pas à arrêter ses fichus tremblements ? Bon sang, il fallait qu’elle se secoue ! Ce n’était pas si compliqué de prendre son courage à deux mains et d’inventer une histoire, non.. ? « C’est idiot, je suis si maladr... » commença-t-elle en se retournant avec une pointe insoupçonnée de détermination, avant de complètement se démonter en faisant l’erreur de croiser le regard du militaire. Elle se sentait comme mise à nue par ses orbes à la couleur du ciel. Envolé, en un instant, son courage ; et de retour, ce nœud au fond de sa gorge. « Je suis désolée...  Je suis tellement affreuse à voir... » Elle était parvenue à lui lancer ce murmure avant de cacher son visage entre ses mains, avec tristesse. La tristesse d’une femme qui ne veut pas se montrer si démolie à l’homme qu’elle aime.
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